« Rue d’Ermenonville », « Rue du Vicaire-Savoyard », « Avenue De-Warens », « Rue de la Nouvelle-Héloïse », « Rue du Contrat social », « Avenue du Devin-du-Village », « Rue des Confessions », « Sentier du Promeneur solitaire », « Rond-point Jean-Jacques » …
Nul badaud n’échappera à l’ombre portée de l’écrivain prolifique qu’effarait la défiguration posthume.
Ce rousseauisme à l’usage collectif culmine dans la toponymie comme Panthéon local du « Citoyen de Genève. En témoignent les neuf plaques de noms de rues du quartier paisible de Saint-Jean.
Longtemps zone de grands domaines à la périphérie de la ville, divisé dès le milieu du XIXe siècle par l’implantation disputée du chemin de fer, le quartier Saint-Jean amorce à l’aube du XXe siècle un singulier essor urbain sous la houlette de la Société immobilière genevoise (SIG). Elle acquiert l’immense « campagne » De Gallatin, « Famille de magistrats, savants et diplomates » selon la plaque de l’avenue homonyme qui, depuis le « Rond-Point Jean-Jacques », tend au nord-ouest vers l’« avenue d’Aïre ».
En 1912, la voirie planifiée par la SIG à Saint-Jean glorifie Rousseau. Cet hommage urbain exalte le bicentenaire de sa naissance le 28 juin 1712 au numéro 40 de la Grand-Rue, avant l’installation paternelle en 1717 à la Rue de Coutance dans le quartier artisanal de Saint-Gervais, sur la rive droite du Rhône, là où Rousseau logea aussi comme apprenti graveur chez son maître Albert Ducommun, 7 rue des Étuves.
Le quartier de Saint-Jean, c’est la fête toponymique à Jean-Jacques ! « Rue d’Ermenonville », « Rue du Vicaire-Savoyard », « Avenue De-Warens », « Rue de la Nouvelle-Héloïse », « Rue du Contrat social », « Avenue du Devin-du-Village », « Rue des Confessions », « Sentier du Promeneur solitaire », « Rond-point Jean-Jacques » : nul badaud n’échappera à l’ombre portée de l’écrivain prolifique qu’effarait la défiguration posthume.
Connaît-on une autre ville en Europe où, dans un périmètre aussi étroit, se déploie une tel parcours mémoriel autour d’un seul individu ?
Hommage collectif à Rousseau, certes…mais à 900 mètres ou à six minutes de marche du Musée Voltaire, sis en l’hôtel particulier « Les Délices », logis principal entre mars 1755 et automne 1760 de l’auteur de Candide.
Crédits:
Texte: Michel Porret, Professeur honoraire à l’université de Genève.

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