Réflexion pédagogique

Sur les pas de Jean-Jacques Rousseau et de Friedrich Nietzsche

Je te dis cela à l’oreille, car comment pourrais-je me permettre de supposer que les préoccupations singulières de ma création puissent se comprendre d’elles-mêmes ?

Friedrich Nietzsche (1)

Introduction

       La lecture de l’œuvre de Montaigne augmente le plaisir d’exister affirme Nietzsche. Montaigne, ce petit hobereau périgourdin, admirait le plus, chez les cannibales qu’on lui a présentés, c’est, outre leur courage à la guerre, qu’il estime digne des Romains, leur sens du partage. (2)  Ce plaisir de vivre de Montaigne dont nous parle Nietzsche renvoie le lecteur aux Essais, exploration de l’âme, réflexion ironique, sagesse stimulante. Voyageur originaire du Périgord, il invite à un art de vivre et enseigne la tolérance. Voyager permet l’égarement, nous entraîne vers des nouveaux chemins, permet de nouvelles rencontres. Akira Mizubayashi parle de la marche ou l’errance qu’elle provoque (qui) lui permet de s’arracher au réel pour aller au-delà. (2)

       Cultiver l’esprit du voyageur invite à développer les états de conscience. Au cours de nos randonnées, quand choisissons-nous de nous arrêter et de contempler le paysage qui s’offre à nous ?

       Lorsque Jacques Chardonne admire le paysage, il développe en lui sa capacité à mieux regarder la Nature. Se promenant à bicyclette, il admire un paysage. Il le décrit silencieusement, il devient contemplation : « Un bois de chênes et de pins couvrait un pan de la colline. Je vis comme un grand feu au couchant. Sur le fonds de cuivre étincelant se découpait en fines arabesques à l’encre de Chine un fouillis élancé de ramures ; il y avait dans l’air tiédi et le ciel plus coloré les prémices du printemps que déjà signalait un faible cri d’oiseau. Comme je longeais le bois de chênes, je m’arrêtais pour regarder le tapis crêpelé, pâlissant à la fin de l’hiver, que font les fougères et les feuilles, et j’en cherchai la nuance exacte dans les tons de l’ocre rosé ». (4)

       Dans ce modeste essai, nous tenterons de relier Jean-Jacques Rousseau et Frédéric Nietzsche. En ce qui concerne les déplacements, Nietzsche distingue plusieurs catégories de voyageurs : les voyageurs qui se font remarquer, les voyageurs qui observent le monde, les voyageurs qui trouvent un enseignement en marchant, les voyageurs qui retiennent les leçons de vie de leur voyage, les voyageurs qui font œuvre de pionniers. L’on connaît la fascination des poètes, des philosophes, pour les voyages intérieurs qui, mystérieusement, se rapprochent des images de nos rêves. Nos voyages portent la lumière de nos souvenirs, entrent dans le monde magique de notre histoire, déguisés ou non.

L’imprévu allié des voyageurs

       Un jour ou l’autre, nous entreprenons les voyages symboliques et peut-être nous laisserons-nous guider par nos marches, parfois comme rupture, parfois comme renouvellement.

       Nos étonnements nous surprendront ; l’étonnement et le charme forment-ils un joyeux compagnonnage ? Le cherchant sait-il ce qu’il cherche ? Un jour, ce cherchant examinera sa démarche autant que sa vie transformée par cette démarche. Nous pensons à Elysée Reclus (1830-1905), géographe qui, d’un continent à l’autre, se trouve confronté à sa quête. Il explore une tribu, une région, une montagne, un fleuve en même temps il se questionne sur sa propre histoire !

       Souvent, l’on parle du « Citoyen de Genève » en quête de son identité. De quelle manière l’apprenti graveur genevois, l’autodidacte au service de familles le stimulant à accomplir des études, parvient-il à parler de sa vie pour montrer que le courage de vivre va de pair avec le désir de parler aux êtres humains. Il écrit en l’accomplissant une nouvelle page de l’émancipation. « Hier était le temps de la lecture souveraine », rappelle Roger Caillois. (5)

       Il apprend à lire en écoutant son père, puis dans l’atelier de celui-ci s’applique à lire à son tour. Pour lui « la langue n’est pas indispensable pour que les hommes se rassemblent, elle l’est pour que ce rassemblement devienne une institution ». (6) Cette institution existe déjà dans ce partage, dans cette lecture à deux, durant les veillées qui peuvent durer jusqu’au petit matin.   

Jean-Pierre Saint-Ours (1752-1809)

Peinture de Jean-Jacques Rousseau

       Lors de ses lectures, Jean-Jacques Rousseau se trouve-t-il dans la même situation que Giulia qui « ne voit pas le temps passer. Enfant, elle dévorait les romans d’Emilio Salgari, assise aux pieds des ouvrières. Plus tard, elle a découvert la poésie. Elle aime Caproni plus qu’Ungaretti, la prose de Moravia et surtout les mots de Pavese, son auteur de chevet. Elle se dit qu’elle pourrait passer sa vie en cette seule compagnie. Elle en oublie même de manger. Il n’est pas rare de la voir rentrer le vente vide de sa pause déjeuner. C’est ainsi : Giulia dévore les livres comme d’autres les cannoli ». (7)

       Hamadi Sall explique que le fait de lire est « bien une activité complémentaire à la formation de l’Homme. Et par elle, j’en reviens à cette question fondamentale de l’éducation, de l’instruction, de leur nécessaire lenteur » (8) faisant référence à Paul Valéry.

       La vie du Citoyen de Genève n’est-elle pas une initiation à la liberté, autre nom pour parler du citoyen, pour questionner la notion d’égalité ? Le Contrat social débute par une affirmation reprise sans cesse lors de l’épreuve du baccalauréat que les candidats doivent développer : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers ». (9)

       Un jour Jean-Jacques Rousseau inspirera d’autres pédagogues, l’on pense à « Ellen Key en Suède et Signora Montessori en Italie… Toutes deux exprimaient des exigences nouvelles et tout à fait justifiées en matière d’éducation de la jeunesse, l’éducation devant tenir davantage compte de l’individualité de l’enfant d’une part et d’autre part de son développement physiologique et psychique ». (10)  

Deux compositeurs

       Comme Rousseau, Nietzsche compose de la musique. Ce dernier s’inspire du répertoire de Schubert et Schumann, l’autre trouve dans son environnement immédiat la mélodie et son développement. Il se souvient des bonheurs éprouvés en écoutant les chœurs des écoles de musique à Venise et bien plus tôt les comptines de sa tante Suzon. Ainsi que disent leurs œuvres : le chant rapproche les humains, les accords musicaux fortifient les accords sentimentaux. Dans un beau chant, il y a toujours, en quelque sorte, de l’expérience condensée et comprimée, de l’émotion, une accumulation explosive de vie affective resserrée et d’âme agitée ; (11)


Friedrich Nietzsche, adolescent

Friedrich Nietzsche, adolescent

       Chacun trouve un langage musical en accord avec ses conditions de vie, voire de survie. L’être humain n’est-il pas un papillon qui dans son cocon devient en puissance un être de lumière ?

       Personne n’oublie que Nietzsche parle du climat de Nice en peintre, en climatologue, la lumière l’attire dans des territoires brûlants. Il y trouve des « teintes spirituelles, spiritualisées ; plus aucune trace de la brutalité des couleurs fondamentales ». (12) A Turin, la vie lui sourit, la lumière stimule la végétation, la nourriture lui convient. Cet appel vers la lumière a touché, d’une autre manière, Vincent Van Gogh et Arthur Rimbaud. Cette lumière, nouvelle nourriture est devenue l’alliée de leur destinée. La lumière procure un épanouissement à la beauté. En Italie, en France, à Sils-Maria, aux Grisons, Nietzsche écrit comme s’il tenait un marteau ; cet outil ne symbolise-t-il pas un sentiment de puissance ? Il tient à la main cet outil pour exprimer ses convictions philosophiques, il entend s’adresser notamment aux lecteurs de l’Evangile avec la force d’un volcan autorisant une destruction des valeurs en vigueur dans son milieu familial.

        L’hostilité à l’égard de son père nourrit cette violence empreinte d’humour et de provocation. En analyste, il parle de l’influence parentale sur le développement de l’enfant : les conflits intergénérationnels Résonne « dans l’être de l’enfant et font l’histoire intérieure de sa souffrance ». (13) Ses amis racontent que chacun éprouvait un sentiment de liberté en sa présence. Franz Overbeck, professeur de théologie, confident de Nietzsche, admire chez lui sa persévérance, sa détermination à se réformer, à trouver de nouvelles issues aux forces spirituelles de l’être humain, trop souvent victime de croyances archaïques. Enseignant le Gai savoir, Nietzsche en appelle à une libération de son être intérieur ayant « trop longtemps vécu dans la proximité de la mort ». (14)  

Œuvres musicales de Friedrich Nietzsche

Œuvres musicales de Friedrich Nietzsche

       Jean-Jacques Rousseau, passionné de musique, proclame les fêtes à Saint-Gervais, succession de liesses associant la danse, la musique, le goût des réjouissances, la nuit de la fraternité. Mais il s’élève contre le spectacle du théâtre à Genève, plaidant pour « une grande fête déployée dans les vastes paysages, à l’écart de toute corruption, il invitait, implicitement, au sacrifice du rideau et des masques, ces outils de la duplicité tant réprouvée ». (15)

       Nietzsche et Rousseau précèdent la réflexion camusienne : « pour qu’une pensée change le monde, il faut d’abord qu’elle change la vie de celui qui la porte. Il faut qu’elle se change en exemple ». (16)  

Œuvre musicale de Jean-Jacques Rousseau
Le Devin du village

Le Devin du village

       Et si les échanges, la discussion, les réflexions, les mots prononcés, exprimaient la vie inconsciente à l’image du « poisson (…) se frayant un chemin entre les fûts des algues géantes, (qui) passe sur des endroits où danse le soleil et s’enfonce encore dans les profondeurs lugubres, froides et impénétrables ; parfois elle jaillit à la surface et folâtre sur les vagues que ride le vent ; car elle a un véritable besoin de se frotter, de se gratter, de s’enflammer grâce au bavardage ? »(17)

Rousseau fut le réformateur des temps modernes : il n’échappe à personne qu’il a fondé sur de nouvelles bases la politique et la pédagogie, qu’il a renouvelé le roman et la musique, qu’il a changé pour longtemps la vie intérieure et les manières d’aimer comme s’il avait eu la pouvoir de modifier tout ce qu’il touchait. (18)

L’engagement

       L’esprit de gratitude trouve-t-il sa place dans l’univers de l’éducation ? Les enseignants cultivent-ils cet esprit de tolérance et de confiance avec noblesse et avec magnanimité ? Leur esprit, leurs engagements professionnels, leur désir de mieux faire, les stimule-ils. Leur parole forge un lien entre leur volonté de servir et leur idéal de proclamer la vérité, intime conviction empreinte de liberté. Les enseignants travaillent afin de mettre en évidence les différences et les ressemblances. Ils osent parler des connaissances qui les rassemblent, des vertus auxquelles ils adhèrent, ils œuvrent non pour que l’on évoque leurs réalisations mais militent pour une cause plus ambitieuse qui les dépasse ; une clarté spirituelle jalonne leur désir de se perfectionner.  

       Lors des travaux en classe, l’enseignant veille à « maintenir un bel équilibre entre l’orgueil d’être différents et le bonheur d’être ensemble ». (19)

Le pacte éducatif

       Pour entrer dans un monde aux couleurs de la pédagogie, Jean-Jacques Rousseau marche sans cesse, bâtit un univers aux dimensions de la Nature que son âme respecte, telle un écho divin.

       Rousseau et Nietzsche fournissent les bases d’une nouvelle éducation. Petit à petit, Nietzsche découvre les lacunes de l’univers éducatif, du monde pédagogique. Respecte-t-on le comportement de l’être humain ou sommes-nous conditionnés à le juger ? « Personne n’aspire, personne n’enseigne à supporter la solitude ». (19) répète Nietzsche. La solitude est la petite sœur du doute.  

       Zarathoustra, publié entre 1883 et 1885, proclame un nouvel évangile. Nietzsche, nouvelle conscience, s’inscrit dans une filiation après Saint François d’Assise, Goethe, Dante Alighieri, Luther. Appel, invitation, propos destinés à voir l’être humain se dépasser lui-même. Zarathoustra incarne le libérateur d’une nouvelle humanité. L’être nouveau, maître de son destin, accomplit sa mission, ses forces vives éclairent sa conscience, l’enseignement commence par une perfectibilité de ses aptitudes, preuve d’une confiance en l’être humain, d’une familiarité de la mort. 

Manuscrit de Friedrich Nietzsche

Manuscrit de Friedrich Nietzsche

       Nietzsche implorait l’avènement d’« un César romain avec l’âme du Christ. » (20). Jean d’Ormesson parlerait de Friedrich Nietzsche en écrivant que « la vie des hommes est un désastre et un enchantement ». (21) Tout est appel, tout est signe. Apprenons à le capter, à y répondre. Car répondre à l’appel qui vient du plus loin, au signe qui vient du plus profond, c’est le plus sûr moyen de nous extraire de notre vain orgueil et, ce faisant, de donner plein sens à notre existence d’ici. » (22)

       Dans Emile, Jean-Jacques Rousseau parle d’une faculté active et intelligente, proclamant le libre arbitre. « On croira moins lire un Traité d’éducation, que les rêveries d’un visionnaire de l’éducation ». (23) A son époque, Nietzsche bénéficiait-il déjà de l’éducation rattachée aux tendances nouvelles peu appliquée : « Rousseau, Lavater et Pestalozzi. La pédagogie s’inspirait directement de saint Augustin, selon qui l’enfant était un réceptacle de vices épouvantables. » (24)    

Manuscrit de Jean-Jacques Rousseau

Le voyage fraternel

       Guidé par sa bonne étoile, le voyageur accepte de bouleverser ses plans, reconnaît que de nouvelles routes s’ouvrent devant lui, ses rancœurs cessent de le freiner dans sa progression.Hamidou Sall rappelle « que nul ne peut être considéré comme sage s’il n’a pas le souci de connaître des hommes différents, des peuples différents, et n’a pas pour les autres cultures le même respect que pour la sienne. » (25)

       Raison supplémentaire de proclamer l’urgence d’une éducation continue pour tous comme projet sociétal. L’éducation parentale accordait-elle l’importance, reconnue aujourd’hui, des premiers mois de la vie ? Les parents prodiguaient-ils « ces marques d’affection habituelles que les enfants attendent entre leurs parents et qui leur manqueraient si elles ne se manifestaient pas. » (26)

       Puisque les êtres humains accomplissent l’histoire, ils apprennent progressivement à marier l’espace qu’ils reçoivent et le temps qu’ils partagent. Rien ne compte plus que cette association. Puissent les initiatives qu’ils prennent labourer les champs du vivre ensemble, valoriser les univers culturels, parler du respect des différences, rendre hommage au pouvoir de la pensée.

       Ayant choisi Montaigne comme guide, comme alliés Nietzsche et Rousseau, notre vœu se réalise, ils continueront à nous accompagner chaque instant de notre vie de pédagogue. Généreuse agora, notre classe, notre auditoire, notre préau devient alors l’espace qui parle au ciel et admire le soleil de l’instant présent ! Cette présence, prenons « garde de la fixer par la mémoire ou l’écriture. » (27) Pourtant cette « mémoire ne prodigue ses cadeaux que si quelque chose, dans le présent, la stimule. Ce n’est pas un entrepôt d’images et de mots fixes, mais un réseau associatif dynamique dans le cerveau, jamais inactif et sujet à révision chaque fois que nous récupérons une image ou un mot du passé. » (28) Virginie Woolf nous servira de conclusion : l’autobiographie se fait nostalgie d’impossibles retrouvailles. (29)  Pour donner toutes ses chances à ces retrouvailles rappelons-nous la devise de Diego de Torres Villarroel : Aide-toi de tes talents. (30)     

Notes

(1)         Friedrich Nietzsche, Dernières Lettres, Editions Rivages, 1989, p. 24

(3)         Pierre Bergounioux, Faute d’égalité, Tracts Gallimard, 2019, p. 19

(3)         Akira Mizubayashi, Petit éloge de l’errance, Gallimard, 2016, p. 92

(4)         Jacques Chardonne, Destinée sentimentales, Albin Michel, 2018, p. 519   

(5)         Roger Caillois, Le fleuve Alphée, Gallimard, 1978, p. 76

(6)         Martin Rueff, A coups redoublés, Editions Mimésis, 2018, p. 56

(7)         Laetitia Colombani, La tresse, Bernard Grasset, 2017, p. 30 

(8)         Hamadi Sall, L’Occident ambigu, Erick Bonnier, 2017, p. 81

(9)         Jean-Jacques Rousseau, OC III, p. 351

(10)       Stefan Zweig, Clarissa, LGF, 2017, p. 52

(11)       Robert Walser, La promenade, Gallimard 1987, p. 52

(12)       Friedrich Nietzsche, Ibid., p. 61

(13)       Friedrich Nietzsche, Fragments et aphorismes, Librio, 2003, p. 20,       

(14)       Friedrich Nietzsche, Dernières Lettres, Editions Rivages, 1989, pp. 63-64

(15)       Georges Banu, Don Giovanni et le rideau séducteur, Grand Théâtre de Genève, saison 17-18, p. 21

(16)       Albert Camus, Carnets II, Gallimard, 2013, p. 167

(17)       Virginia Woolf, Mrs Dalloway, LGF, 1993, p. 183 

(18)       Claude Habib, Pierre Manent, Penser l’homme, Garnier, 2013, p. 7

(19)       Frédéric Nietzsche, Fragments et aphorismes, Librio, 2003, p. 38

(20)      Albert Camus, L’homme révolté, Gallimard, 1951, p. 102

(21)       Jean D’Ormesson, Guides égarés, Gallimard, 2017, p. 60

(22)       François Cheng, Assise, une rencontre inattendue, Albin Michel, 2014, p. 24

(23)       Jean-Jacques Rousseau, OC IV, 242

(24)      Dominique Pagnier, Mon album Schubert, Gallimard, 2006, p. 73

(25)       Hamidou Sall, L’Occident ambigu, Erick Bonnier, 2017, p.22

(26)       Philippe Roth, Pastorale américaine, Gallimard, 1999, p..439

 (27)      Jean-Christophe Rufin, Le collier rouge, Gallimard, 2014, p. 146

 (28)      Siri Hustvedt, Elégie pour un américain, Actes Sud, 2008, p. 114

(29)       Virginie Woolf, Les vagues, Gallimard, 2012, p. 21  

(30)     Guy Mercadier, Diego de Torres Villarroel, 1694-1779, une autobiographie permanente,

            Revue de sociologie, 1982, 1-2, Ed. de l’Université de Bruxelles, 72, p. 138

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