Rémy Hildebrand



Président
Comité européen Jean-Jacques Rousseau
Académie rhodanienne des Lettres

A Pierre Boimond

Mes chers amis pardon de fausser compagnie
Pour simplement gagner un autre plan de vie
L’homme est fait de l’Esprit par l’essence éternel
Existant à jamais dans l’Etre originel.
Cet humain a besoin d’une longue expérience
Pour qu’à l’ultime instant il en ait bien conscience.

Pierre Boimond

Notre cher Pierre Boimond a offert son temps à son épouse et à la langue française. Cette langue est appelée immortelle depuis la création de l’Académie française, institution chargée pour toujours de veiller sur elle. Ainsi Pierre Boimond a-t-il réalisé son rêve, à nous d’entourer son épouse et de relire ses chroniques, ses articles et ses livres.

Traverser à pied le Japon exige l’amour de la marche, le goût des rencontres, le bonheur de parler le japonais. Pierre Boimond l’a accompli et a publié ses souvenirs de marcheur. Ecrire sur le Japon fut un hommage à un pays qui le fascinait et un éloge à Yukiko Boimond sa chère épouse. Au Japon, les fleurs, les arbres, font l’admiration des promeneurs parce que les couleurs des fleurs et la forme des arbres expriment la vie éternelle.

Reconnaissons leur beauté et acceptons que la mort n’existe pas. A ce sujet, Pierre Boimond parle d’un autre plan, son extrême finesse lui permet qu’évoquer la conscience qui habite l’être humain. Avec le courage du héros, la générosité de la vérité, il s’adresse symboliquement à ses sœurs, à ses frères.

Alors, lorsque vous vous promènerez, laissez-vous éblouir par les parterres de fleurs. Approchez-vous de l’une d’elle, embrassez-la, une minuscule ivresse vous bouleversera. La nature deviendra un diamant comme l’âme de Pierre Boimond.

Ami de chacun, érudit, Pierre Boimond a souvent été comparé à une mésange, à une hirondelle, à un rossignol. Ces oiseaux sculptent un langage qui éternise leur vie. Ainsi viennent à nous et pour toujours les jours lumineux de l’existence de Pierre Boimond.

Les voyages de Pierre Boimond l’ont rempli de lumière, cette lumière est un autre nom pour évoquer sa fidèle mémoire et les jours et les nuits de cette île mystérieuse. Comme Nietzsche, Pierre Boimond se posait la question : où puis-je me sentir chez moi ? Séduit par la vie quotidienne japonaise, Pierre Boimond avec humour, raconte ses voyages, devient le chroniqueur de ses découvertes.

La langue japonaise l’intrigue, il l’apprend, la parle tant il se trouve à l’aise dans l’univers nippon et aime les tonalités de ce monde exotique. Il écrit en français sur le Japon pour sauver de l’oubli ses plus intimes, ses plus chers souvenirs.

Ses textes ne seraient-ils pas de petits temples, de lieux minuscules conçus pour le bonheur des êtres humains, des petites places pour parler de la poésie du cœur, de l’histoire des humains, sorte de point d’équilibre entre une aspiration à décrire et un désir de se souvenir. Son écriture est un dialogue, une mission exemplairement accomplie.

Avec Pierre Boimond, nous entrons dans le pays de la gratitude et gagnons l’horizon de la passion de vivre. Tel un soleil, Pierre Boimond n’a-t-il pas grandi, n’est-il pas devenu un vénérable messager ? Dans le jardin de son cœur grandit une étoile. Aujourd’hui par notre présence, par nos pensées, cette étoile brille dans le ciel de nos prières. Cette étoile et l’ange de Pierre Boimond ne font qu’un !

La vie n’est que rencontres et combinaisons écrit Jean D’Ormesson. Pierre Boimond nous appris à admirer les figures, les visages, les silhouettes, les regards autant de liens qui l’inspirent tel un ambassadeur d’une narration joyeuse. Nous sommes réunis pour lui dire toute notre reconnaissance.

Pierre Boimond n’a-t-il pas écrit pour nous proposer de relire sa pensée, de mieux la comprendre ? Il reste un prophète qui habite son œuvre, ses pensées tournées vers les autres. Ecrivain-voyageur, il nous a décrit, a parlé de la beauté du monde, son avenir dépend de nous, il promet un avenir à celles et ceux qui n’ont pas peur des transformations du monde.

Robert Louis Stevenson nous apprend à traverser le désert de l’indifférence avec son âne, Léon Tolstoï trouve la paix par la prière et le vœu d’être entourés d’hommes libres. Pierre Boimond éclaire notre chemin en poète, il éveille nos consciences, il devient une petite cantate apaisante.

Merci notre cher Pierre.

Genève, le 2 octobre 2018