Rémy Hildebrand

Président du Comité européen Jean-Jacques Rousseau

La promenade Jean-Jacques Rousseau

Né, à Genève, au 40, Grand’Rue (République de Genève) le 28 juin 1712 Jean-Jacques Rousseau fait partie des philosophes les plus influents du XVIIIe siècle. Parus en 1762, les ouvrages :

Julie, ou la Nouvelle Héloïse,
Du contrat social,
Emile, ou de l’éducation

accroissent le nombre de ses admirateurs et multiplient le nombre de ses détracteurs. L'Emile, ou de l’éducation suscite un débat religieux extraordinaire. Jean-Jacques Rousseau est condamné à la prison, ses ouvrages brûlés. Fuyant la police, Jean-Jacques Rousseau trouve sucessivement refuge à Yverdon en Suisse, à Môtiers dans la Principauté de Neuchâtel, à Wootton Hall en Angleterre, à Trie-Château (Oise), à Grenoble et à Bourgoin-Jallieu (Isère) en France.

Le 11 juillet 1768, Jean-Jacques Rousseau, âgé de 56 ans, s’installe à Grenoble. Au No 2 de la Rue Jean-Jacques Rousseau, une plaque rappelle son passage. Il pense ne rester que quelques mois dans cette région proche de la Savoie. Thérèse le rejoindra plus tard.

Dès son arrivée à Grenoble, Jean-Jacques Rousseau rencontre le comte Charles de Clermont-Tonnerre, gouverneur du Dauphiné. En fin de journée, à plusieurs reprises, un groupe de musiciens joue des airs du Devin du village, dans la rue des Vieux Jésuites. Il y a presque vingt ans, Jean-Jacques Rousseau a présenté cette oeuvre musicale à Versailles.

A Grenoble, son interlocuteur privilégié est le Sieur Bovier, avocat. Jean-Jacques Rousserau est présenté à des personnalités locales. Seul ou accompagné, il découvre la région au cours de longues promenades.

En août 1768 en compagnie d'amis et de la famille Bovier, Jean-Jacques Rousseau entreprend une grande excursion. Il gravit la Bastille jusqu'au château fort où il piquenique avec ses hôtes. Après le café, on se met à chanter des airs du Devin du village. Accompagné de Bovier, Jean-Jacques Rousseau continue sur le Mont Jalla, passe au-dessus des vignes de Saint-Martin-le-Vinoux et du village de Narbonne pour finir à la pointe du Néron, à l'Ermitage des Augustins. Dans la soirée, il regagne Grenoble, redescendant par La Tronche.

En souvenir de cette excursion à Saint-Martin-Le-Vinoux, les autorités décident d’appeler le Chemin emprunté par le Citoyen de Genève :

La Promenade Jean-Jacques Rousseau.

Dans les Rêveries du Promeneur solitaire (VIIe Promenade) Jean-Jacques Rousseau raconte que, chemin faisant, il goûte quelques petits fruits d’un arbrisseau épineux de la famille des hippophaés. Jean-Jacques Rousseau s’étonne à tort que personne n’attire son attention sur la toxicité de ces petits fruits après les avoir dégustés. Pourtant ces fruits sont comestibles et riches en vitamine C. Crus, ils sont acides et peuvent être préparés en marmelade ou en gelée.

En souvenir de cet épisode, un hippophaé pourrait être planté au pied du totem.

A Grenoble, l’installation de Jean-Jacques Rousseau semble provisoire...Ira-t-il s’établir à Chambéry, à Lyon, à Turin ? Le 12 août, Jean-Jacques Rousseau et Thérèse ont pris leur décision. Jean-Jacques Rousseau quitte Grenoble et s’installe à l’Auberge de la Fontaine d’Or à Bourgoin. Thérèse le rejoint. Le 15 août, en présence du maire de Bourgoin, Luc-Antoine Donin de Champagneux et du capitaine d’artillerie Louis Donin de Rosières, au cours d’une petite cérémonie empreinte de gravité, Thérèse devient civilement Madame Rousseau.

Revenu à Paris, le dimanche 24 mars 1770, Rousseau passe les dernières semaines de son existence à Ermenonville. Il meurt, le 2 juin 1778 à l’issue d’une promenade. Il sera inhumé civilement sur l’Ile des Peupliers située au cœur de la propriété du marquis René de Girardin (1735-1808).

Le 5 juillet 1791, Voltaire entre au Panthéon. Le 11 octobre 1794, le président de la Convention, Jean-Jacques de Cambacérès prononce l’éloge de Jean-Jacques Rousseau. A son tour Jean-Jacques Rousseau, entre au Panthéon :

Moraliste profond, apôtre de la liberté et de l’égalité, il a été le précurseur qui a appelé la nation dans les routes de la gloire et du bonheur. C’est à Rousseau que nous devons cette régénération salutaire qui a opéré de si heureux changements dans nos mœurs, dans nos coutumes, dans nos lois, dans nos esprits, dans nos habitudes... Ce jour, cette apothéose, ce concours de tout un peuple, cette pompe triomphale, tout annonce que la Convention veut acquitter à la fois envers le philosophe de la nature, et la dette des Français, et la reconnaissance de l’humanité.

Juin 2018

Annexes : Illustations de Henri Patez
- Les baies d'hippophaé
- Le concert improvisé à la Bastille